Jeudi 15 décembre 2011

Saint Pierre de Frugie, au centre de l’économie locale

Economie

Situé au centre d’une région d’élevage et de polyculture, le bourg était autrefois un lieu de foires et marchés d’une certaine importance. Cette situation résultait de la délivrance par Louis XIII, de lettres-patentes en septembre 1616, sur la sollicitation d’Antoine Arlot, seigneur de Freugière (sic). Furent ainsi instituées quatre foires l’an et un marché par semaine, le mardi. Les foires devraient se tenir

  • le jour de la conversion de Saint-Paul (25 janvier),
  • celui de l’Annonciation (25 mars),
  • celui de Saint-Pierre-es-liens (1er août), jour de la fête patronale,
  • et enfin celui des trépassés, lendemain de Toussaint (2 novembre).

Et pour que cette vocation marchande soit durable, le roi permit de construire halle, bancs et étals. La décadence de cette activité à l’aube du XXe siècle a été précédée par celle des forges. La présence du minerai de fer en abondance sur la commune et celle de la force motrice issue de la Valouze naissante ne procurèrent plus un avantage suffisant pour assurer une production rémunératrice. Ce cours d’eau permit de faire tourner encore quelque temps les moulins à farine, tels ceux du Breuil, celui de Bussin ou le vieux moulin de Vieillecour.

De nos jours, agriculture et exploitation des bois taillis encore abondants, joints à quelques commerces et industries nouvelles sont les principales sources d’activité.

Édifices et patrimoine

Le château

Le château actuel est venu remplacer, à la fin du XVIe siècle, un repaire fortifié édifié durant le Moyen-âge, mis à mal au cours de la guerre de Cent ans. Il était toutefois nanti d’une haute et large tour carrée, située à l’aile de la porte principale, qui fut ravagée en 1653 par un incendie domestique. Il est demeuré dans la famille d’Arlot jusqu’en 1820. Louis Marie d’Arlot (1773-1852), marquis de Cumont et de Frugie, le vendit pour 36 000 livres à Annet Labrousse (1764-1837), marchand et fermier principal du château. C’est ce dernier qui fut enseveli dans la chapelle funéraire qui vient d’être rétablie à proximité du château, sur la route de Verdenille. L’imposante batisse passa ensuite à sa fille Marie (1849-1939), épouse d’Eugène Audebert Lasrochas (1840-1904). Signalons qu’une partie du bâtiment, qui demeure privé, a été classée à l’inventaire des monuments historiques (couverture et façade) par arrêté du 21 mars 1968.

L’église Saint-Pierre Saint-Paul

L’existence d’une église en ce lieu est fort ancienne. Les textes font mention de son existence dés 1101 ; elle dépendait alors de l’abbaye de Charroux. Elle fut refondée deux cent ans plus tard selon les inscriptions trouvées sur une pierre murale de l’église, malheureusement perdue depuis. Il était écrit que son fondateur était Guillaume Arlot en l’an 1347. En récompense, ses descendants possédèrent les honneurs de l’église et y eurent droit de tombeau. A l’intérieur, on peut encore voir une fraction de la litre seigneuriale qui a été conservée au niveau de la croisée de droite dans le chœur (bande noire agrémentée d’armoiries et de motifs divers peinte pour honorer un défunt ). A partir de 1470, l’église dépendit de l’abbaye de Boschaud, petite abbaye intercienne, sur la paroisse de Villars (Dordogne), à laquelle fut donné le bénéfice de la cure avec tous ses droits et tenances par Mgr Raoul de Fau, évêque de Périgueux. L’abbaye demeura fermière des murs jusqu’en 1748.

Extérieurement, on ne peut qu’être frappé par la rupture de style existant entre le clocher et le reste du bâtiment. L’histoire est simple, en 1898, l’architecte Clément alerta le conseil municipal que le clocher menaçait réellement de s’écrouler. On dut reprendre toute la façade d’entrée et bâtir un nouveau clocher. Cette reconstruction se fit dans le goût de l’époque, bien loin du style roman ! Intérieurement, l’église a fait l’objet d’une large restauration en 2000, complétée en 2010 par la réouverture de cinq croisées et la pose de nouveaux vitraux, œuvre de LG Martin, maître-verrier à Nontron.

Nous ne pouvons pas clore ce chapitre sans rendre hommage à deux enfants du pays qui furent prêtres de la localité. Le premier est Élie Jude-Lacombe (1844-1906), né à Chantecor, prés de La Coquille, ordonné prêtre en 1872, curé de Frugie pendant 20 ans (1876–1896). Il passa le témoin à G. Fayol, oncle de l’ancien maire Jean-Paul Fayol, qui fut curé du lieu pendant 50 ans, un bail d’une durée exceptionnelle qui se termina à son décès, le 7 avril 1950.